Soutien à La Feuille de Chou

Le groupe Strasbourg Leurs Guerres Nos Morts apporte son soutien à La Feuille de Chou

Depuis 2004, le contre-média indépendant strasbourgeois La Feuille de Chou relaie et soutient toutes les luttes sociales menées à l’échelle alsacienne – syndicales, antifascistes, anti-impérialistes, antiracistes, féministes, écologistes –. Il se pose, pour la population strasbourgeoise et alsacienne, comme une alternative aux grands médias dominants, régionaux ou nationaux et s’inscrit dans le sillage des réseaux de médias militants et anticapitalistes.

Le média militant La Feuille de Chou s’est largement investi en faveur des populations Rroms, victimes – à Strasbourg comme partout en France – de discrimination, de stigmatisation et d’un traitement répressif de parcage dans des espaces fermés et surveillés. Les militant.e.s de La Feuille de Chou ont rendu compte des conditions d’accueil et « d’intégration » par la municipalité strasbourgeoise qui a démantelé des campements et bidonvilles dits « illégaux » et traqué des familles isolées afin de les « concentrer » dans des espaces délimités.

Le 10 juillet 2015, son directeur de publication était mis en examen « pour avoir tenu des propos portant atteinte à l’honneur et à la considération » d’un agent de la Ville de Strasbourg, qui se trouve être le chef de la « Mission Rom ». À cela, La Feuille de Chou a opposé que « les propos incriminés ne sont qu’une mise en lumière de la politique antisociale de la ville et non une attaque contre un de ses agents ».

Nous soutenons pleinement cette position et en ce sens nous condamnons toutes les politiques antisociales menées à l’échelle nationale et régionale contre les boucs-émissaires désignés. Hier, le racisme structurel d’État fabriquait la figure politique du Rrom comme « ennemi intérieur » pour amener la légitime colère et les revendications sociales dans l’impasse identitaire et raciste. Aujourd’hui, le même racisme structurel d’État utilise les attentats du 13 novembre pour renforcer la fabrication d’un nouvel ennemi intérieur, le « terroriste-islamiste », « l’islam radical », ou le « musulman-radicalisé ». L’objectif est toujours le même : diviser les pauvres entre eux, créer la défiance généralisée au profit des intérêts de la classe dominante.

Cette attaque portée contre un média indépendant est loin d’être isolée. Déjà en juin 2015, un contributeur du Media collaboratif IAATA (Information Anti Autoritaire Toulouse et Alentours) était accusé de « provocation publique à la commission d’un délit ou d’un crime » suite à la publication d’un compte-rendu critique d’une manifestation à Toulouse contre les violences policières et en soutien aux ZAD (Zones A Défendre). Face à la mobilisation, le procureur avait finalement abandonné les poursuites. Le média indépendant Bastamag a lui aussi été attaqué en diffamation par Bolloré parce qu’il dénonçait l’accaparement de terres par la multinationale (deux plaintes ont été déposées à ce jour ; le jugement relatif à la première sera rendu le 12 mai prochain); ou encore, l’attaque du média Jura Libertaire dans l’affaire Tarnac.

Ces procès constituent des moyens de pression pour affaiblir les médias alternatifs, surtout quand ceux-ci l’ouvrent trop sur certains sujets dits « sensibles » : les politiques de gestion des minorités, les techniques de maintien de l’ordre policier et l’organisation face aux violences policières, les responsabilités sociales et environnementales des multinationales, etc. Les différentes plaintes portées contre les militant.e.s permettent de faire perdre du temps et de l’argent quand nos luttes nécessitent déjà d’y mettre toute notre énergie collective en raison de la férocité des attaques capitalistes qui prennent des formes multiple, notamment répressives. Elles s’inscrivent dans l’intensification des politiques sécuritaires qui n’ont pas attendu l’instauration de l’état d’urgence pour s’exercer contre les luttes sociales, mais aussi contre les plus démuni.e.s, les migrant.e.s, les populations rroms, les jeunes des quartiers populaires…

La solidarité est notre arme pour contrer les formes de répression qui cherchent à briser nos luttes et à continuer d’opprimer les plus précaires. Il est vital pour nous de maintenir des espaces de contestation qu’ils soient sur le net comme dans la rue et dans tous les lieux de vie pour combattre le racisme ambiant, alimenté à dessein, qui vise sans cesse à désamorcer les luttes sociales.

Le procès de La Feuille de Chou aura lieu le 5 avril, soyons nombreux.ses à les soutenir

 

 

 

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