Solidarité avec les Goodyear !

Communiqué PDF Solidarité avec les Goodyear

Solidarité avec les Goodyear !

Huit anciens salariés de l’usine Goodyear sont condamnés à 24 mois de prison dont 9 mois ferme pour avoir séquestré deux cadres de la direction dans le cadre de leur lutte contre la fermeture de leur usine. 1000 familles sur le carreau et plongées dans la misère sociale pour le profit de quelques riches patrons. Une manière de briser toute lutte syndicale et action directe contre le patronat. Ce n’est pas une affaire isolée : licenciements de salariés d’Air France pour « l’affaire de la chemise arrachée » d’un DRH lors d’une grève. A Port-Saint-Louis-du-Rhône, neuf caissières d’un supermarché du groupe Casino ont été convoquées à la gendarmerie pour le vol supposé d’un paquet de bonbons d’une valeur de un euro. Ces caissières ont fait grève avec occupation des locaux, période pendant laquelle aurait disparu le fameux paquet de bonbons. A Gascogne, deux représentants de la CGT ont été auditionnés au commissariat d’Auch, accusés par la direction de les avoir séquestrés lors d’une grève de 29 jours à la Polyclinique. Etc.

Il ne s’agit pas de se justifier. Il ne s’agit pas de s’excuser. Il ne s’agit pas de se légitimer. La seule violence est patronale : par les licenciements, par la fermeture de sites, par la dureté des conditions de travail et la maigreur des salaires ; désormais par la répression politique directe à l’encontre des grévistes.

Ces années 2010 sont une époque charnière, témoins d’une violence inouïe du patronat, soutenue par l’Etat et leur justice bourgeoise. Alors que le MEDEF applaudit la proposition de réforme du Code du Travail de El Kohmri, qui brise toute protection pour le travailleur et écrase le Travail sous le joug du Capital, l’Etat criminalise le droit de grève, pourchasse et condamne les grévistes pour s’être défendus pour leurs conditions de travail et de vie.

La violence de la casse sociale est doublée de la violence de la machine répressive au service du patronat. Cette machine de répression est considérablement renforcée par le contexte de l’état d’urgence, qui est un véritable état de guerre sociale menée par les puissants contre les travailleur.se.s et les précaires. Dans un tel contexte, nous ne pouvons compter sur aucune institution ni représentation, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes : notre force, notre arme, c’est la solidarité. C’est pourquoi nous appelons à rejoindre massivement les Comités de Soutien aux Goodyear qui se créent dans tout le pays. Plus largement, ces Comités doivent être de nouveaux leviers pour reconstruire le rapport de force contre la violence du système capitaliste. Nous sommes à une époque de transition, dans laquelle nous n’avons pas le droit de ne pas nous battre.

Il y a dix ans, jour pour jour, éclatait le grand mouvement social du printemps 2006, dit « anti-CPE », qui a débordé en une vaste période d’agitation contre le salariat jusqu’à l’automne 2010. Il est temps de reprendre la rue, de bloquer l’économie et de refuser ce nouveau Diktat de la Loi El Kohmri.

Nous ne « dénonçons » pas une prétendue « traitrise » du PS, ni telle ou telle sinistre personnalité type Valls ou Macron. Il s’agit de sortir de l’idée que tel parti politique est « moins pire » qu’un autre, selon des degrés hypothétiquement évalués de saloperie politique. Nous pouvons même dire qu’à l’heure actuelle, FN-UMP-PS forment le même bloc uni d’une bourgeoisie offensive, raciste et sécuritaire. Il s’agit de lutter pour échapper aux pièges qu’ils nous tendent sans cesse. Arracher une chemise d’un DRH ou refuser de serrer la main d’un président n’est pas de la « violence », séquestrer un patron ou bloquer un flux économique n’est pas une « prise d’otage », ce n’est encore que le minima de la légitime défense. Quand le patronat brise des vies pour faire des profits, ils appellent ça du business, ou la « reprise de la croissance ». Quand les travailleur.se.s résistent à leur écrasement, ils appellent ça de la violence.
Le simple fait de s’organiser collectivement et de porter un discours revendicatif est « violent ». Mais la vraie violence est celle des licenciements, de la mise à mort sociale de milliers de familles, la précarisation continue des conditions de travail et la privatisation à marche forcée. « Plans sociaux », « plans de restructuration », « délocalisations », « projet de viabilité », « plan de rentabilisation », « allègement des coûts », « croissance », ce sont là des mots de guerre dans la bouche patronale. Des mots qui broient des vies. Les mots de « partenaires sociaux », « pouvoir d’achat » et de « dialogue social » sont ceux de notre défaite. Travailler dans des conditions de merde pour des salaires de misère, ou être licencié.e, ou chercher du travail en acceptant conditions et salaires misérables. Trois non-choix érigés en principes politiques par le patronat au nom du profit. Car la « croissance » n’est que la capacité structurelle de faire du profit pour les entreprises.
Davantage nous produisons de richesses, davantage ils nous les confisquent. Et si on ose lever la tête, couperet policier et judiciaire qui achève la spirale infernale. Il est temps que ça cesse. Il est temps d’être audacieux.

Le Capital nous fait la guerre, nous sommes condamné.e.s à nous battre pour nous défendre. La meilleure des armes dont nous disposons demeure la grève générale et illimitée avec occupation des lieux de travail.

Souvenons-nous les grandes grèves historiques de 1936, 1946-47, 1968, 1995, puis celles de 2006 à 2010. Ces grèves qui sont parvenues à arracher à la bourgeoisie de meilleures conditions de vie et de travail pour nous, nos familles et nos enfants. Ne nous y trompons pas : il faut remettre ça, et ne pas s’arrêter. Nous n’aurons que ce que nous saurons prendre.

AUTODEFENSE POPULAIRE, ORGANISONS-NOUS PAR NOUS-MEMES !
Détruisons le capitalisme avant qu’il ne nous détruise !

Mouvement Anarchiste Révolutionnaire

 

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