17 mars, journée de la répression

 

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Après le succès du 9 mars, la peur commence à changer de camp : l’agitation lycéenne et étudiante grossit de jour en jour, les bases syndicales se rebiffent contre l’inertie insistante de leurs centrales (à la CGT mais aussi à la CFDT, avec la CFDT 68 Métallurgie qui appelle à la grève), Michael Wamen appelle à converger sur Paris le 31 mars et appuie l’appel de François Ruffin à « occuper » des places de la capitale pour une « Nuit Rouge », les efforts de convergence sont bien plus concrets que lors du CPE, etc. Le mouvement social est en marche, et le gouvernement craint la perte de contrôle.

Du 9 au 17 mars, ce sont des lycées qui continuent de bloquer, des Assemblées Générales qui se multiplient et grossissent dans les amphis, ce sont des Fédérations syndicales qui défient leurs centrales, ce sont des discussions politiques intenses dans les boites. Le jeudi 17 mars, c’est une nouvelle grande journée de mobilisation nationale suite à l’appel de l’université Paris8 et relayé par toutes les facs du pays avant d’être appuyé par les organisations de jeunesse et même quelques fédérations syndicales.

Le jeudi 17 mars, c’est la montée en crescendo du mouvement : 150 000 jeunes et salariés dans la rue, avec une mobilisation particulièrement forte des lycéens. 200 lycées sont bloqués dans le pays. 12000 personnes dans la rue à Rennes, 10000 à Paris et Lyon, 6000 à Toulouse, 5000 personnes à Bordeaux, 4000 à Tours et Clermont-Ferrand, 3000 à Lille, 2500 à Marseille, 2000 à Rouen et Strasbourg, etc. A Rennes, après avoir envahi et bloqué les voies ferrées à la gare, l’imposant cortège est allé copieusement peinturer la mairie avant de tenter de forcer les portes de l’Hôtel de Ville. A Marseille, l’Union départementale CGT 13 a envahi la chambre de commerce et d’industrie pour demander également le retrait de la loi. Le gouvernement décide alors de jouer la carte de la répression, systématique, généralisée, implacable : dans l’ensemble des villes mobilisées, la police frappe.

A Rennes, Nantes, Paris, Metz, Strasbourg, Marseille, le même scénario : charges de police, arrestations, blessés. Sans compter les fermetures administratives des universités. L’outil de l’état d’urgence permet ce qui n’était que rarement possible jusque-là : intervention musclée des CRS au sein des campus, au sein des bâtiments universitaires, voire au sein des amphithéâtres comme à Tolbiac et Lyon 2.

Le choix politique d’une répression d’ampleur, brutale et inattendue permet au gouvernement patronal et à ses médias de jouer rapidement leur carte va-t-ou de division entre « casseurs » et « vrais manifestants », entre « dégradations » et « protection des biens et des personnes », entre « jeunes de quartier » et « vrais étudiants et lycéens », etc. Par ailleurs, le gouvernement a bien conscience que l’absence de mouvement social depuis l’automne 2010 a permis de se voir offrir de nouvelles générations qui n’ont pas connu de grande mobilisation sociale et qui n’ont pas ces réflexes collectifs à même de tenir un rapport de force comme ce fut le cas entre 2005 et 2010. D’où le choix tactique de réprimer les plus jeunes, les lycéen-ne-s et étudiant-e-s, dans l’objectif évident de créer un traumatisme et de propager la peur. A partir de là, de semer défiance, confusion et division au sein du mouvement.

Face à cela, nous n’avons d’autre choix que d’intensifier la mobilisation et d’opposer notre solidarité à leur répression. La lâcheté du gouvernement ne fait que dévoiler la véritable fonction sociale de la police comme corps répressif au service des classes dominantes et patronales. De même, nous pouvons tous comprendre la vraie fonction de l’état d’urgence.

Le gouvernement patronal ne veut pas négocier, il réprime. C’est pourquoi il faut continuer et intensifier la lutte. Refusons la peur. Déjà, dans certaines villes, sont créées des Legal Team et des Medical Team, groupes organisés de protection juridique et de premiers soins pour se préparer à la répression. Car la répression n’ira qu’en crescendo, et la collaboration des organisations syndicales pour isoler les radicaux et calmer la fougue de la jeunesse lycéenne doit nous inciter à la vigilance et à la détermination. Que ce soit à Paris ou Strasbourg, la répression policière n’a fait qu’empêcher la tenue….d’assemblées générales ! Il s’agit pour l’Etat d’empêcher les mobilisés de se réunir pour discuter de la mobilisation et pour s’organiser, et de dissuader les hésitant-e-s d’y participer.

Ce ne sont pas quelques dizaines de personnes qui sont réprimées, mais tout le mot d’ordre de la mobilisation sociale. C’est tout le mouvement social en marche qui a été réprimé. Les seuls « casseurs » sont les patrons, casseurs de vie. La seule violence est étatique, patronale et policière. Ne tombons pas dans le piège tendu par le gouvernement à chercher des coupables aux causes de la répression : la police ne désigne que le monopôle légitime de la violence, explicite et crue, pour asseoir et défendre la violence patronale. La police n’est que le support de violence explicite de la violence économique et sociale latente du mode de production capitaliste. La violence originelle est dans la propriété privée des moyens de production qui permet à une minorité bourgeoise de nous arracher nos conditions de vie sociale. La Loi Travail est un nouvel exemple de cette violence capitaliste, dont l’état d’urgence n’est qu’un outil répressif supplémentaire dans le contrôle et la répression globaux de la population.

Pas de justice, pas de paix.
Que la peur change de camp.

-Mouvement Anarchiste Révolutionnaire-

 *

BILAN NON EXHAUSTIF DE LA REPRESSION :

Les universités de la Sorbonne, de la victoire à Bordeaux et de Lyon 2 sont évacuées et verrouillées par décision administrative.

Nantes : tirs de flashball LBD-40, grenades assourdissantes et lacrymogènes jetées dans la foule, des gens jetés à l’eau, plusieurs blessé-e-s, 7 arrestations.
Lyon : arrestation en pleine AG à Lyon2, plusieurs condamnations à prison ferme suite à la mobilisation du 9 mars. 17 mars : 2 interpellations, un lycéen « tazé ».
Caen : les lycéens ont été chargé par la police, 4 lycéens tabassés.
Strasbourg : 4 personnes hospitalisées, 5 personnes dont deux lycéens blessées.
Marseille : matraquage, gazage, deux lycéens arrêtés.
Metz : gaz, coups de matraques, un blessé, 4 interpellations.
Rennes : gazage, charges de la BAC, plusieurs blessés, une arrestation.
Paris : gazage, matraquage, une dizaine d’interpellations, 4 comparutions immédiates à la suite de l’occupation de Tolbiac.
Grenoble : affrontements.

La bataille de Tolbiac :

Affrontements dans Paris le 17 mars au matin :

 

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Rennes

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Rennes

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Rennes

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Marseille

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Tours

BORDEAUX

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Paris

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Paris, Tolbiac

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Paris, Nation

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Nantes

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Paris

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Paris, Tolbiac

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Nantes

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