Ni Loi ni Travail : 4 mois de lutte déjà

retrait

La semaine prochaine, nous entrerons dans le cinquième mois de mobilisation contre le projet de loi travail. De par sa capacité constante à renouveler les formes de la lutte et de la solidarité, le mouvement ne s’estompe pas.

L’Etat patronal s’enferme dans sa violence et son mépris de classe. Pour se venger de l’explosion du 14 juin à Paris, il a imposé l’humiliation aux personnes en lutte le 23 juin en inaugurant la nasse-zoo, cette cage à lapin géante où les grévistes tournent en rond à l’ombre des matraques policières et du service d’ordre syndical. Autant le 14 juin a fait naître une solidarité combative inédite et une rage de vaincre certaine, autant le 23 juin a laissé un goût amer. Le fossé continue de se creuser entre la base syndicale en lutte et ses centrales qui ont accepté l’ultimatum déshonorant de l’Etat. Il était un enjeu crucial pour l’Etat de démontrer sa puissance autoritaire suite au 14, et après avoir hésité maladroitement à interdire la manifestation ou imposer ledit « rassemblement statique », il aura trouvé la solution la plus sournoise : la « manifestation » statique, où les personnes en lutte tournent en rond comme dans la cour d’une prison. Une « punition » de l’Etat et de la centrale syndicale suite aux élans de la semaine précédente.

Nombreux.ses sont les travailleurs.ses et précaires en lutte qui n’oublieront pas la signification politique de l’enchaînement du 14 et du 23 juin.

Mais de nombreuses personnes ont fait le nécessaire pari de refuser ce chantage en imposant la manif sauvage et offensive à Ménilmontant, rassemblant plus de 500 personnes et se soldant par une course-poursuite de longue haleine avec la police. Un blessé grave sera de nouveau à déplorer. Et les vitrines défoncées du siège parisien de la CFDT sauveront l’honneur de la journée, les jaunes ayant pour seul soutien la sinistre El Khomri qui ne se soucie plus de faire semblant. Pendant ce temps, Place de la Bastille, de nombreux.ses grévistes refuseront d’être « embastillés » et résisteront tant bien que mal à la terreur policière, aux fouilles de sacs systématiques et aux arrestations arbitraires (une centaine). Ce sont des postier.ère.s et des enseignant.e.s qui, par exemple, parviendront à briser une nasse policière aux cris de « Tout le monde déteste la police » et « Anticapitalista ».

Toujours est-il que la lutte continue, et si personne n’était préparé à un combat prolongé, chacun.e acte du mépris de classe de l’Etat patronal dans un lourd murmure collectif : « Rien n’est fini, tout commence ».

sud

Malgré la fatigue et le salaire perdu par la grève prolongée, la détermination reste de mise. Contre toute attente. A l’image des grévistes qui ont barricadé et bloqué à nouveau la raffinerie de Donges, ou encore le dépôt de carburant de Fos-sur-Mer. Sans oublier le blocage des axes routiers à Grenoble et à Lille par des barricades enflammées. Et les bastions qui ont encore manifesté en masse : 10 000 personnes à Toulouse, 20 000 au Havre, 45 000 à Marseille, etc. Plus de 200 000 personnes ont encore manifesté dans toute la France. Par ailleurs, au Havre, l’intersyndicale locale annonce déjà vouloir occuper le terrain tout l’été par des actions régulières afin de reprendre la grève reconductible dès septembre.

Qu’ils la nourrissent donc, la rancœur prolétaire ! Partout, nous apprenons à lutter dans la durée, partout nous apprenons à développer de nouveaux réseaux d’organisation et de solidarité. Car nous apprenons à ne plus compter que sur nous-mêmes.

Raffinerie Donges

Raffinerie de Donges, 23 juin

13533187_1560586844243896_6095562854962153280_n

Dépôt de carburant de Fos sur Mer, 23 juin

Le printemps 2016 marque en cela une nouvelle étape clef dans l’histoire des luttes, tant en France qu’à l’échelle internationale. Alors que nous peinions à nous relever de la défaite de l’automne 2010 contre la réforme des retraites, un nouvel élan s’est amorcé avec la lutte contre la loi travail. C’est bien ce qu’il faut comprendre : quelle que soit l’issue de ce mouvement social, elle ne s’arrêtera pas à la question de la loi travail. Qu’ils l’imposent de force à l’Assemblée Nationale début juillet, et le mouvement n’en sera que plus dur et prolongé, quand bien même il redémarrera à l’automne.

Une chose est acquise : l’heure du compromis de classe est révolue.
L’heure historique de la « classe moyenne » est révolue.

Et il faut désormais s’attendre à une répression politique inédite dans les mois et les années à venir face à ce nouvel élan. Outre Valls qui parle déjà de dissoudre ce qu’il appelle les « groupes d’ultra-gauche », l’Etat et la centrale syndicale seront sans aucune pitié avec les grévistes qui choisiront la voie du blocage et du sabotage. Ceci car la mixité sociale en lutte ira également crescendo de manière inédite. Ce qu’on appelle depuis quelques semaines le « cortège de tête » aura fait converger les précaires de différents horizons dans une nouvelle hétérogénéité en marche; pour finalement aboutir à une convergence plus large encore avec des syndicalistes et des grévistes de tous les secteurs de travail. Ceci est le vrai danger pour la bourgeoisie. Et le retour de bâton sera implacable. Depuis quatre mois de lutte, on n’entend plus parler le FN dans les médias qui nous étouffait par son omniprésence, on n’entend plus la moindre exaction d’un quelconque groupuscule fasciste ou néo-nazi. On n’entend plus déferler la haine de l’étranger, de l’immigré, du réfugié, du musulman, ou des apparentés tels. Et ils vont durcir le ton et mettre le paquet double dès qu’ils le pourront, afin de casser les élans de solidarité créés dans et par la lutte. Sans parler des nouvelles méthodes de terreur de classe. L’affaire des vitrines brisées du siège de la CGT, deux jours après l’attaque de la CFDT, laisse déjà perplexe. Faire porter le chapeau aux anarchistes est trop facile, une telle attaque étant politiquement ambigüe voire stupide. Toujours la même rhétorique stérile du gouvernement conjointe à celle de la centrale syndicale pour chercher « l’ennemi intérieur » et camoufler le véritable scandale du compromis humiliant de la manif-zoo du 23 juin.

C’est pourquoi l’heure est à la rigueur.
Et si nous titrons « Ni Loi ni Travail », c’est bien parce que c’est le mot d’ordre anarchiste révolutionnaire latent qui a grondé au cœur du mouvement offensif, et si des milliers de syndicalistes reprennent déjà « Tout le monde déteste la police » et « Anticapitalista », avec ou sans le cortège de tête, nous parions que bientôt résonnera cette exigence et cet horizon.

-Mouvement Anarchiste Révolutionnaire

 

13502737_1203332239711712_6928226128888532359_o

Paris, Place de la Bastille, 23 juin

13507028_10207972852173647_8406325264614906277_n

 

13517416_559539154206844_3638568347645233224_o

Paris, 23 juin.

 

13516357_1165291333522278_7172224671569194514_n

Grenoble, 23 juin

13528833_1026008027436630_1916132724711107190_n

Lille, 23 juin

en-direct-loi-travail-rennes-nouvelle-journee-de-mobilisation_3

Rennes, 23 juin

Clo34IDWAAAVI8G

Rennes, 23 juin

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s